Dans cet épisode de J’Irai Cracher Sur Vos Ondes, Maryline explore le football comme terrain de lutte, de mémoire et de résistance, avec Noir Mondial 78, Eugène N’Jo Léa et Latéral Gauche.
Ce soir, J’Irai Cracher Sur Vos Ondes enfile son plus beau survêtement pour une émission spéciale autour des liens entre le football et la politique. Quoi ? Encore ce débat ! Alors non, Maryline ne va pas vous poser la question. Elle l’affirme et vous emmène dans sa bibliothèque qui explore le football comme terrain de luttes, de mémoire et de résistance. Avec une intention : interroger les liens entre sport, pouvoir, colonialité, antifascisme et transmission. Afin de vous fournir des éléments historiques pour nourrir vos réflexions à l’approche du Mondial 2026.
Après le coup d’envoi, l’émission articule ensuite plusieurs temps forts, comme une équipe bien en place :
Dans cet éditorial personnel, notre animatrice du jour revient sur les raisons qui expliquent pourquoi la politique a toujours été un fil rouge de son parcours d’amatrice de football. Elle y défend l’idée que le football n’a jamais été neutre, puisqu’il traverse les mémoires, les identités, les rapports de pouvoir et les héritages coloniaux. Cette introduction donne le ton d’une émission qui refuse le discours du sport “hors du monde” et le remplace par une lecture critique, sensible et située.
Dans l’ouvrage Eugène N’JO LÉA : Trajectoire d'un homme en avance sur son temps, Serges NGOUNGA et son co-auteur Jean-Célestin EDJANGUE ont voulu rendre ses lettres de noblesse à ce joueur emblématique camerounais. Un récit de mémoire qui remet au centre une figure sportive, militante et diplomatique. Les auditeur.ices découvrent un parcours qui relie le sport à l’action collective, aux rapports coloniaux et à la défense de la dignité des joueurs.
Cet entretien aborde la conception du livre, son origine, les conditions de sa création et la manière dont N’Jo Léa s’inscrit dans une histoire plus large des luttes sportives. Elle revient aussi sur la question du contrat à vie, des syndicats de joueurs, du lien entre la France et ses colonies, ainsi que sur la place d’Eugène N’Jo Léa dans les mémoires du football. Cette partie de l’émission donne à entendre un récit de transmission, mais aussi une réflexion sur ce que le football doit à celles et ceux qu’il a longtemps laissés dans l’ombre.
La chronique BD (oui parce que le sport se lit aussi en BD) revient ensuite sur Noir Mondial 78 de Camille Pouzol et César Carrizo, une œuvre qui met en scène la Coupe du monde organisée en Argentine sous la dictature de Videla. Cette fiction poignante anthropomorphologique montre comment le football peut servir de vitrine à un pouvoir autoritaire, en masquant la violence d’État derrière la fête et le spectacle. Les auditeur.ices y retrouveront aussi des voix rarement mises au centre, comme celles des opposant·es au Mondial, de Dominique Rocheteau ou des Mères de la Place de Mai. Avec un moment de lecture à voix haute pensé pour faire entendre la force narrative de la BD.
Cette séquence permet de comprendre comment un événement sportif mondial peut être instrumentalisé politiquement, et comment des récits dessinés peuvent redonner place aux silences, aux disparitions et aux résistances. Elle relie ainsi l’histoire du football à celle des régimes autoritaires, des mobilisations collectives et des combats contre l’oubli. C’est aussi un moment de lecture à voix haute pensé pour faire entendre la force narrative de la BD.
On joue les prolongations avec Nicolas Kssis-Martov autour de son nouveau livre Latéral Gauche : les figures politiques du football. L’échange met en avant les joueurs et gestes qui ont fait du football un espace de résistance, d’antifascisme et de mémoire politique. L’émission aborde aussi la manière dont les compétitions internationales dialoguent avec les régimes autoritaires, ainsi que les figures contemporaines qui prolongent ces débats.
Les auditeur.ices y découvrirons une réflexion sur les récits militants et les engagements qui dépassent le cadre du terrain. Cette dernière partie inscrit clairement l’émission dans une lecture du football comme fait social, historique et idéologique.
Le football ne peut pas fuir son aspect émancipateur et par conséquent militant. Cet épisode de J’Irai Cracher Sur Vos Ondes montre bien à travers trois livres, comment le sport est traversé par la politique, les mémoires, la colonialité et les luttes antifascistes.
À travers Noir Mondial 78, Eugène N’Jo Léa : Trajectoire d’un homme en avance sur son temps et Latéral Gauche : les figures politiques du foot, l’émission rappelle que le football est aussi un lieu de résistance, de transmission et de contre-récit. À l’approche du Mondial 2026, elle invite à regarder le football autrement : non comme un simple divertissement, mais comme un fait social et historique.
L’épisode se referme sur une invitation à continuer à lire, débattre, écouter et faire circuler d’autres récits. Maryline rappelle que la fête, la danse et la culture restent aussi des moyens de résistance, dans une émission pensée comme un espace de transmission et d’émancipation. Bonne écoute !