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Electro Lab

LES FEMMES S'EMPARENT D'ELAB #24 : TINA TORNADE

Animé par Ewen Royer, Charles Genestoux et Jean Gueguen | Luc Hesry, Vincent Joumel et Alexandra Dubreuil à la technique

Les Femmes s'emparent d'ELAB, saison 2. Après une tournée d'été 2021 à travers la France et le monde, notre programme spécial FEELAB continue à mettre en lumière la scène féminine et non-binaire. Aujourd'hui, direction Nantes, en compagnie de Tina Tornade, des collectifs Zone Rouge et Fast et Furieuses.




TINA TORNADE :

"Je mixe depuis un peu plus d'un an mais mon parcours musical a commencé très jeune. Je viens d'une famille binationale : mon père est congolais et ma mère française. Dès toute petite, j'écoutais beaucoup de musique avec mes deux parents, et mes oreilles ont vité été habituées à des musiques très variées : de la coldwave, du rock, de la musique électronique mais aussi de la rumba congolaise, du kuduro, de la salsa, du jazz, de la musique afro-caribéenne... J'ai aussi vécu au Brésil et en Uruguay. C'est ce qui m'a menée à écouter de la musique hybride et surtout très rythmée, comme du rap, du reggeaton puis du baile funk brésilen. Voilà à peu de choses près ce qui a construit mon univers percussif et percutant, entre tambours et kick secs, mélodies minimales et sonorités breakées avec une identité assez marquée. J'ai déjà joué dans pas mal de lieux différents : des scènes comme le Lieu Unique, Trempo, des bars comme le Bras de fer mais aussi à Rouen à la Friche Lucien. Mais je pense que je m'oriente progressivement vers des scènes plus club."

LE SET  :

"Je pars toujours d'une idée, une mélodie, un concept et un son particulier qui me sert de fil rouge pour composer autour. Je suis partie ici du son de RDK, “Godogodo”, qui m'évoque l'idée d'acid baile. Et j'ai suivi cette idée en improvisant. J'y ai glissé des sons de baile funk (se dit baïlé fon'k-y, pour la prononciation), un style propre au brésil qui est né en 2008 à peu près, entre Rio et Sao Paolo, dans les quartiers difficiles de ces deux villes. La caractéristique principale du funk est que le son est construit de manière ultra minimale, un kick qui marque le temps, une rythmique qui lui est propre et juste une voix, sur un format court entre 1min et 2m30 max. De nombreux artistes électroniques brésiliens, dont j'ai utilisé les tracks ici, s'en inspirent à présent, comme JLZ, jaca, Cigarra, RDK, Weird Baile, D.A.N.V... Et j'ai aussi mis des choses plus hard drum comme des tracks du label mexicain NAAFI."

DES MODÈLES D'ARTISTES FEMMES ?

"Il y en a beaucoup que je joue, mais je vais parler de quelques-unes qui me semblent un peu plus émergentes. Nidia, par exemple, du label portuguais Principe Discos, est une productrice pour laquelle j'ai énormément d'admiration ! Shanique Marie aussi, du label jamaïcain Equiknoxx. Ces deux femmes, toutes deux racisées d'ailleurs, cultivent un son rythmé qui reflète leur personne. En tant que DJ et future productrice, c'est vraiment quelque chose que je vise."

Crédit photo couverture : Ex Luisa

< LES FEMMES S'EMPARENT D'ELAB >

Été 2020. Passées une centaine d'émissions sur C Lab, il a bien fallu se rendre à l'évidence : les femmes manquent cruellement à nos micros. Sur les 35 émissions réalisées l'année dernière, seulement quatre DJs femmes... Un constat qui fait mal à la scène bretonne, pourtant super-active et fière de l'être.

Aussi, afin de commencer à notre niveau, local et associatif, à contrer cette tendance structurelle de manque de visibilité des artistes femmes et personnes non-binaires, qui se reflète bien malgré nous dans notre programmation, nous avons décidé de lancer un programme spécial de podcasts diffusés sur nos ondes et notre compte SoundCloud. L'objectif est de découvrir des artistes, qu'i.elles soient débutantes, émergentes ou déjà confirmées, bretonnes, françaises ou d'ailleurs. De porter l'attention sur une scène féminine trop souvent invisibilisée.

Remercions spécialement le webzine PWFM qui nous confie gracieusement pour illustrer ce programme le logo de sa branche féministe, Provocative Women For Music. On ne pouvait pas rêver meilleur visuel que celui conçu par Théo Baize, alias Hello Hello Theo, pour imager notre volonté commune de rendre visible ce qui est trop souvent tu ou ignoré dans une culture phallo-centrée : le talent féminin. Un grand merci à elleux, on vous invite à aller découvrir leur nombreux projets visant à fédérer les femmes de la musique électronique.


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